[Interview] Philippe Mélin, magistrat : «Sans les TMS, la mutualisation des coûts AT/MP des travailleurs handicapés risque d’avoir un effet limité»
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Chaque jour, des millions de salariés empruntent la route dans le cadre de leur activité professionnelle, que ce soit pour rejoindre leur lieu de travail ou effectuer un déplacement professionnel. Ces trajets sont l'une des premières causes de mortalité au travail. En 2023, 440 personnes ont perdu la vie dans ce contexte.
Le 30 avril dernier, l’Assurance maladie a détaillé lors d’un webinaire le fonctionnement de la subvention « prévention des risques ergonomiques » qui fait partie des dispositifs pour mieux prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS).
Non seulement les TMS ont depuis plusieurs années une part prépondérante au sein des maladies professionnelles (MP), mais celle-ci est en augmentation constante, quels que soient les tableaux : + 9,5 % entre 2022 et 2023 avec 41 937 TMS, soit 88,5 % des MP en 2023. Hors tableaux, les TMS représentent 30 % de l’ensemble des dossiers.
Dans une étude publiée en début d’année sur le site de la revue scientifique Journal of Stroke et réalisée à partir des données de Constances*, une équipe de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail d’Angers (Irset) estiment que les longues heures de travail (temps de travail journalier supérieur à 10 heures au moins 50 jours par an) auraient un effet direct (à 60 %) dans la survenue d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) hémorragiques (artère qui saigne dans le cerveau).
Une proposition de loi déposée le 1er avril 2025 vise à généraliser la connaissance et la maîtrise des gestes de premiers secours tout au long de la vie. L'article 2 concerne plus particulièrement les entreprises.
Face à l'augmentation du stress et des burn-out, certaines nations ont mis en place des politiques innovantes pour protéger la santé mentale des travailleurs. Quelles sont les meilleures pratiques en vigueur à l'international, et que peut-on en apprendre ?
Les pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, Finlande) sont souvent cités comme références en matière de bien-être au travail. Leur approche repose sur plusieurs piliers :
Entre 2013 et 2024 en France, 997 accords ont traité du droit d'expression directive et collective des salariés dans l'entreprise, une création des lois Auroux de 1982 prévue au départ pour les entreprises de plus de 200 salariés et qui a été généralisé à toutes les entreprises de plus de 50 salariés en 1986 (voir l'art. L. 2281-1 et suivants du code du travail).
Hérité du CHSCT, le CSE (et non la CSSCT !) est désormais titulaire du droit d'alerte en situation de danger grave et imminent (C. trav., art. L. 4132-1 à L. 4132-5). Dans l'affaire ayant donné lieu à l'avis du 12 février, il est toujours question du CHSCT, lequel est resté en place à la Poste plusieurs années après la création du CSE, englobant le dit CHSCT.
Les arrêts de travail amorcent un léger recul. Selon le baromètre du groupe de conseil et de courtage Diot-Siaci* (en pièce jointe), présenté le 9 avril, le taux d'absentéisme a atteint 4,84 % en 2024, contre 5,06 % en 2023 et 5,64 % en 2022.